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Parallèlement à son cursus universitaire en Sciences politiques et Relations internationales, Alexandra a renforcé sa rigueur analytique en travaillant pour le ministère des Armées. Passionnée par l’Océan, l’Orient et l’Histoire, elle s’évade au gré des expositions parisiennes et des livres chinés deçà-delà. Dès qu’elle le peut, elle voyage en quête de nouvelles cultures, de grands espaces et de sites de plongée insolites : autant de sources d’inspiration pour ses articles.
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Gauche, droite, centre, et cætera.

Dans Beyond Left and Right, Fiona Ross démontre que les Partis dont les programmes incluent le plus de mesures impopulaires auprès de certains acteurs sociaux sont les moins à même de les mettre en œuvre en cas de victoire électorale. Ce sont dès lors les gouvernements dits de « nouvelle gauche » qui adoptent le plus de politiques de restructuration, car ils sont moins suspectés que les gouvernements dits de « droite » de vouloir engager des politiques d’austérité, suscitant ainsi moins de méfiance et de veto en la matière.

Finalement, la couleur politique des décideurs a bien moins d’impact qu’on ne le pense sur l’action publique. Si les médias se concentrent sur les politiques clivantes que les gouvernants donnent à voir comme les symboles de leur mandat, une étude publiée en 2012 montre que la variable partisane explique seulement 6 % de l’agenda législatif. Plus significatif encore, on constate que la marge de manœuvre budgétaire des gouvernements successifs est relativement faible, les politiques publiques existant depuis des années voire des décennies leur permettant d’ajuster 20 % maximum du budget général.

On pourrait bien sûr objecter qu’il « suffirait » de supprimer les vieilles politiques publiques qui viendraient faire obstacle aux projets du nouveau gouvernement en fonction, en principe fort de la légitimité populaire…

Mais ce serait oublier la dynamique de « dépendance au sentier » (Paul Pierson), qui tend à l’enracinement croissant des politiques publiques, dont les bénéficiaires se font naturellement les farouches défenseurs. Aussi, la marge de manœuvre de nos décideurs est de facto limitée par l’héritage du passé et le poids des institutions. Même quand les nouvelles mesures sont a priori porteuses d’amélioration pour les personnes concernées, des résistances peuvent en effet émerger lorsque le coût du changement paraît trop important. Il faut alors prendre en compte la perte des rendements liée aux investissements de départ et à la reprise des processus d’apprentissage. « Une fois [une politique publique] établie, les modèles de mobilisation politique, les règles du jeu institutionnel et même les façons de voir le monde politique vont souvent auto-générer des dynamiques auto-renforçantes », explique P. Pierson.

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En 1985, Paul David a fourni un exemple emblématique des conséquences de la dépendance au sentier dans Clio and Economics of QWERTY. À l’origine, cette étrange disposition des lettres sur le clavier était pensée pour que les dactylographes écrivent moins vite, cela afin d’éviter que les tiges de la machine à écrire ne se bloquent entre elles. Après l’invention de l’ordinateur, le système QWERTY a perduré bien que la nécessité technique ait disparu et qu’un agencement plus performant ait été proposé. Le poids des habitudes l’a emporté sur la promesse du progrès car un changement aurait nécessité un nouvel apprentissage, a fortiori engendré des coûts supplémentaires…

Avons-nous donc de réelles alternatives ? Pour le savoir, rendez-vous mercredi prochain !

Alexandra Nicolas
Rédactrice en chef


Retrouvez les autres éclairages de notre série « Spéciale présidentielle 2022 » :

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